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Révision du schéma d’aménagement et de développement : les enjeux se dessinent

Les travaux entourant la révision du schéma d’aménagement et de développement progressent, et les élus auront bientôt en main toute l’information leur permettant de prendre des décisions éclairées au regard de l’occupation et de l’aménagement futurs du territoire.

Le portrait du territoire : une mise à jour nécessaire

La dernière révision du schéma d’aménagement date de seulement quelques années, mais il faut admettre que la communauté, le territoire et même le milieu de vie qui le caractérisent ont beaucoup changé. En effet, la dernière mise à jour du portrait socioéconomique réalisée à partir des statistiques les plus récentes (Statistique Canada, 2021) a permis d’identifier de nouveaux enjeux qui vont peut-être nous forcer à envisager autrement, sous certains aspects, le développement de notre territoire.

Les constats et les enjeux

La mise à jour des données permet d’avoir un portrait socioéconomique qui reflète les réalités territoriales actuelles, mais également d’établir des constats qui se traduisent par des enjeux auxquels la communauté madelinienne sera inévitablement confrontée dans les années à venir.

Bien que de nouveaux enjeux peuvent se présenter au fur et à mesure que le travail avance, nous vous présentons dans les prochaines semaines certains constats et
enjeux qui, jusqu’à maintenant, se sont clairement dégagés.

Démographie

La population totale de la Communauté maritime, en décroissance depuis plus de trente ans, a connu, selon le dernier recensement de Statistique Canada (2021), une légère augmentation. Malgré ce renversement positif de la courbe démographique et des projections qui laissent entrevoir une augmentation modeste, mais constante, sur quelques années encore, cette progression ne sera possible que par un bilan migratoire positif, puisque le nombre de décès dépassera largement le nombre de naissances.

Dans ce contexte, il est primordial de favoriser le retour des jeunes qui doivent momentanément quitter l’archipel pour des études, mais surtout d’attirer et de retenir les nouveaux arrivants, en misant particulièrement sur la tranche d’âge de 20 à 45 ans et, conséquemment, espérer accroître le nombre de naissances annuelles. Par ailleurs, l’attraction de personnes, spécifiquement celles incluses dans le groupe d’âge 20-45, ans exige minimalement des logements accessibles, des places en garderie, une offre de loisirs intéressante et la disponibilité d’équipements et d’infrastructures technologiques modernes.

Marché de l’emploi

Le niveau d’emplois et de revenus illustre clairement un portrait économique qui s’est grandement amélioré au cours de la dernière décennie. Le taux de travailleurs et le revenu médian se démarquent positivement de la région Gaspésie-Les Îles et même à l’échelle de la province. En résumé, les insulaires ont un travail et leur niveau de revenus augmente. Toutefois, l’importance des transferts gouvernementaux, principalement l’assurance-emploi, dans la composition du revenu individuel est toujours bien présente même si, paradoxalement, plusieurs postes vacants n’arrivent pas à trouver preneur.

La pénurie de main-d’œuvre accentuée par un vieillissement marqué de la population est assurément structurelle et, sans intervention concrète et efficace, elle risque de s’accentuer considérablement dans l’avenir. Il est donc impératif d’amener sur l’archipel des nouveaux travailleurs, puisqu’à défaut d’y arriver, les services, tant publics que privés, en souffriront grandement ce qui entraînera inévitablement une dégradation des paramètres économiques, du climat social et de la qualité de vie des insulaires.

La pauvreté sous différentes formes est toujours bien présente malgré un climat économique et social plutôt propice à l’émancipation personnelle. Même si les indicateurs nous montrent une régression de la pauvreté, les inégalités de revenus persistent et, avec une hausse de prix à la consommation, les besoins des clientèles vulnérables s’accroissent. Conséquemment, il ne faut jamais perdre de vue qu’une partie de la population aura continuellement besoin d’un soutien politique et social aussi nécessaire que particulier.

Industries et économie

L’industrie de la pêche demeure le principal pilier de l’économie locale. Les performances exceptionnelles des dernières années ne sont toutefois pas garantes des années à venir, puisque l’industrie ne repose maintenant que sur deux espèces (le homard et le crabe), dont l’abondance peut être influencée par divers phénomènes
naturels, dont principalement ceux résultant des changements climatiques.

Le prix aux débarquements est tributaire de nombreux facteurs économiques complexes sur lesquels la communauté n’a aucun contrôle. Le manque de main-d’œuvre locale et le peu de territoire réservé aux usages liés à la pêche constituent un frein au développement, voire au maintien, de certaines activités existantes.

Le tourisme, par l’importance de ses retombées, est incontestablement, comme la pêche, un secteur d’activité de premier plan dans la structure économique locale puisque de nombreuses entreprises, organisations et citoyens en dépendent. Bien que cette industrie repose sur des bases solides, le manque de main-d’œuvre pourrait à court terme constituer une réelle menace si les principaux acteurs n’arrivent pas à maintenir un niveau de service adéquat à des visiteurs toujours de plus en plus exigeants et nombreux.

Comme la popularité de l’archipel repose principalement sur la beauté du territoire et l’accueil des insulaires, il est primordial d’en préserver les éléments les plus typiques, comme les paysages exceptionnels, les milieux naturels uniques ou le patrimoine bâti, tout en s’assurant de maintenir, en période de grand achalandage, un climat social agréable tant pour le visiteur que pour le résident permanent.

Le secteur agricole et agroalimentaire, malgré des contraintes nombreuses et persistantes, est toujours bien vivant, celui-ci ayant même réussi, dans la dernière décennie, à progresser de façon tangible. L’avenir de cette activité ne peut toutefois reposer que sur quelques acteurs dont la motivation, face aux obstacles, notamment l’accès aux terres, ne cesse de s’effriter.

La pression toujours de plus en plus forte sur les espaces vierges situés en retrait des zones habitées et non protégées au profit de l’agriculture met un frein aux investissements, au développement et aux innovations, et, finalement, démotive les producteurs qui, malgré leur volonté et leur détermination, se découragent. Soulignons également que l’activité agricole demeure la meilleure façon de préserver les paysages qui ne sont toujours pas altérés et dont la qualité fait de l’archipel un milieu de vie qui se démarque et une destination touristique largement connue et prisée.

Les arts et la culture demeurent un secteur bien ancré dans la communauté au point où il doit aujourd’hui être considéré comme une activité économique complémentaire et non négligeable. Loin du cliché folklorique, cette activité s’est au fil du temps professionnalisée et de nombreux créateurs peuvent maintenant vivre de leur art et offrir aux résidents ainsi qu’aux visiteurs une offre culturelle de qualité et aussi riche que diversifiée.

Considérant l’apport de ce secteur à la structure économique, ses liens étroits avec le secteur vital du tourisme et sa contribution avérée au dynamisme du milieu et à la qualité de vie générale des insulaires, la communauté a tout intérêt à favoriser des conditions gagnantes pour l’effervescence du potentiel créatif et entrepreneurial de ses nombreux et talentueux artistes et artisans. Comme on peut le constater, les défis qui se dressent devant nous sont importants et, par le fait même, plusieurs d’entre eux exigeront des interventions concrètes et ciblées.

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